Vanessa Bruno

2:42 pm in Features by Editor | Text: Gaétan Kondzot | Photography: Stéphanie Di Gusto |

Movie Director : Stéphanie Di Giusto
Model : Lou Doillon
Music : Gonzales.

Variations stylistiques pour une femme sous influence pour sa nouvelle collection Printemps-Eté 2010, la créatrice Vanessa Bruno a de nouveau fait appel à la réalisatrice Stéphanie Di Giusto et l’actrice Lou Doillon. Le résultat de cette seconde collaboration est une suite d’images à la frontière du cinéma, du clip et de la performance où l’actrice portée par la musique de Gonzales est captée et saisie par différents états émotionnels.
LE VÊTEMENT devient ici -et porté par Lou Doillon-
la métaphore d’une attitude, d’un esprit qui permet au hasard de capter une vibration, l’intensité d’un mouvement ou les cris et joies d’une âme libre et espiègle. Telle est la femme Vanessa Bruno : absolument sauvage, sans retenue, mais toujours portée par ses émotions. Récit du tournage par la réalisatrice Stéphanie Di Giusto « Après un premier film Automne-Hiver 2009-10 avec Lou Doillon, Vanessa Bruno et moi avons eu le désir d’une nouvelle aventure. Je voulais, en tant que réalisatrice, risquer autre chose, faire une proposition formelle originale loin du « classique » film de mode contemplatif.
Le thème de la danse était cher à Vanessa pour cette collection. Il y avait aussi à l’origine un défilé souligné par une musique de Bach interprétée par Glenn Gould influençant le pas de jeunes filles à la silhouette fragile et délicate. Cela m’avait beaucoup émue : la vie, le mouvement, les sentiments, le corps…IL fallait garder cette idée d’un moment fragile, d’un envol. Et cette fragilité, seul Gonzales pouvait nous l’exprimer au piano. Nous l’avons donc invité sur le tournage. Je lui ai expliqué qu’il devait faire pleurer Lou Doillon, l’émouvoir, nous émouvoir. Lou n’est pas une danseuse, mais elle apprivoise la musique et s’abandonne totalement. Son instinct libère des moments de beauté et d’euphorie où je ressens quelque chose de vivant, d’inattendu. Cela devient comme une performance, un happening. Puis vient le moment où Gonsales se met à jouer au piano. Toute l’équipe s’arrête pour l’écouter. Il a un talent stupéfiant, une émotion évidente. Un équilibre fragile s’installe entre lui et Lou. J’ai du mal à me concentrer, j’ai simplement envie de m’asseoir et d’écouter. Silence sur le plateau. Lou pleure. Il est six heures du matin, nous sommes perdus dans les dunes, l’aube dévoile ses courbes. C’est très compliqué de tourner dans le sable. On s’enlise un peu, tout devient lent. J’ai l’impression que chaque image va être un cliché vu et revu. Il faut casser ce paysage trop photographique. Il faut que quelque chose se passe, s’anime. Je demande à Lou de crier de toutes ses forces. Elle est belle, explosive et libre, elle refait du tournage une aventure où tout est possible. Plus tard, sur la route, Lou est attaché debout à l’arrière d’une remorque. La voiture ne peut pas dépasser les 40km/h. Trop dangereux ! L’envie d’aller plus vite, pourtant, nous titille. Nous avons roulé jusqu’au coucher du soleil avec l’impression de voler. Gonzales a improvisé un morceau

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